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法國還有改革的勇氣嗎?——從 La REF 2026 看法國的經濟與社會轉型

2026 年法國企業家論壇(La REF):法國面臨的經濟、社會與政治核心問題

**La REF(La Rencontre des Entrepreneurs de France,法國企業家會議)**是由法國企業運動組織 MEDEF 主辦的大型年度經濟與政治論壇,前身為 MEDEF 的「夏季大學」(Université d’été du MEDEF)。

2026 年的 La REF 於 8 月 26 日至 27 日在巴黎 Roland-Garros 網球場舉行,聚集企業家、企業領導人、政治人物、經濟學家、知識分子、媒體與公民社會代表。

今年的核心主題只有一個詞:

LE COURAGE——勇氣

這個主題非常值得注意。

因為 2026 年的 La REF 並不只是討論「企業如何成長」,而是在法國距離 2027 年總統大選與國會選舉不到一年的背景下,提出一個更深層的問題:

法國是否還有能力承擔必要的努力、改革與取捨,讓自己繼續成為一個具有經濟實力、主權能力,同時又能維持社會團結的國家?

一、2026 年 La REF 的六大核心議題

1. 「生產,否則衰亡」:重新工業化與經濟主權

「Produire ou périr」(生產或滅亡)是本屆非常重要的主題。

問題已經不只是「法國要不要重新工業化」,而是:

法國究竟願意付出什麼代價,才能重新成為一個真正具有生產能力的國家?

其中包括:

  • 能源價格;
  • 工業用地;
  • 技術與人才;
  • 投資與融資;
  • 行政程序;
  • 法規;
  • 供應鏈;
  • 國際競爭力。

因此,「主權」已經不只是軍事主權。

它也包括:

工業、能源、科技、醫療、食品、數據、國防以及關鍵供應鏈的自主能力。


2. 「努力」還能不能成為法國社會共同接受的價值?

這是我認為 2026 年最值得注意的議題之一。

27 日的論壇直接使用:

« Peut-on encore parler d’effort ? »——我們還能談「努力」嗎?

這個問題表面上是工作問題,實際上是世代問題

年輕人可能會認為:

他們必須為社會制度支付更多、等待更久、適應更多變化,但是卻未必能獲得相應的工作機會、社會流動與未來保障。

因此真正的問題是:

法國的世代契約是否仍然公平?

也就是:

今天的在職人口、退休人口與未來世代,應該如何分擔成本?


3. 競爭力 × 就業 × 生態 × 地方發展

另一個非常典型的議題是:

「La quadrature du cercle」——一個無法輕易解開的四方難題。

法國希望同時做到:

  • 提高企業競爭力;
  • 創造就業;
  • 維持地方經濟;
  • 推動能源與生態轉型。

問題在於,四者並不總是完全一致。

例如:

一座新工廠可以創造就業,但需要土地與能源;

去碳化需要大量投資;

在法國生產可能比在亞洲生產昂貴;

加速行政程序又可能與部分環境規範發生衝突。

所以真正的問題不是:

「我們要不要這四件事?」

而是:

「當四個目標互相衝突時,誰來決定優先順序?誰願意承擔取捨的政治成本?」

這正是「勇氣」在本屆 La REF 中真正的含義。


4. 生態轉型與「過度規範」之間的平衡

你的原文提到 CSRD,方向是對的,但 2026 年需要更新。

今天的問題已經不是單純的:

「歐洲的環境規範是否太多?」

而是:

如何在不放棄生態轉型的情況下,降低企業不必要的行政負擔?

歐盟目前本身也在進行簡化。

2026 年 7 月,歐盟執委會採用了修訂後的 ESRS 永續報告標準,目的之一就是降低企業行政負擔,並大幅減少需要強制提供的資料項目。

因此更精確的說法應該是:

法國與歐洲現在面臨的不是「生態或經濟」二選一,而是如何建立一套足夠有效、但又不削弱歐洲企業競爭力的生態規則。


5. AI 已經不只是科技問題,而是國家力量問題

你的原文提到 AI,這一點非常重要,但還可以再深化。

2026 年的 AI 已經不只是:

「企業如何使用 ChatGPT 或 AI 提高效率?」

而是:

誰掌握下一代經濟與地緣政治的基礎設施?

AI 的真正戰略資源包括:

  • AI 模型;
  • 數據;
  • Cloud;
  • GPU 與晶片;
  • 電力;
  • 資料中心;
  • 計算能力;
  • 人才;
  • 網路與資安。

目前美國與中國在許多關鍵領域處於領先地位。

因此歐洲真正面對的是:

我們只是使用美國與中國的 AI,還是能夠建立自己的 AI 基礎設施與企業?

La REF 2026 甚至將 AI 描述成新的經濟與地緣政治力量。


6. 法國社會福利制度:團結可以維持到什麼程度?

另一個非常敏感的題目是:

« La solidarité inconditionnelle, jusqu’à quand ? »

也就是:

「無條件的社會團結,可以維持到什麼程度?」

這涉及:

  • 醫療;
  • 退休;
  • 失業保險;
  • 社會福利;
  • 長期照護;
  • 保險;
  • 工作誘因;
  • 個人責任;
  • 公共財政。

真正的問題不是法國要不要社會福利,而是:

法國能否在維持社會保護的同時,讓工作、責任與公共財政保持可持續性?


二、所有問題最後都會回到「法國欠了多少錢」

這是原文應該更加強調的一點。

法國同時希望:

  • 維持高水準社會福利;
  • 提高國防支出;
  • 推動工業重新本土化;
  • 投資 AI;
  • 推動能源轉型;
  • 支持購買力;
  • 改善公共服務;
  • 降低企業負擔;
  • 同時降低公共債務。

但是:

這些事情不可能全部無限制地增加。

公共財政因此成為所有問題的共同約束。

法國央行 2026 年 6 月的預測顯示,在其基準情境下,法國公共債務占 GDP 的比例可能繼續上升,到 2028 年底接近 122%

因此真正的問題不是簡單的:

「要不要削減政府支出?」

而是:

哪些支出其實是未來的投資,哪些支出則需要改革、削減或重新設計?

這是法國未來幾年最困難的政治問題之一。


三、法國人真正擔心的是什麼?

我會把你的四種「inquiétudes」重新整理成四個層次。

1. 經濟與科技被世界淘汰

法國與歐洲擔心自己最後只剩下:

市場與消費者,卻失去生產者與創新者的地位。

美國掌握大量科技與資本,中國掌握大量製造能力與供應鏈,而歐洲擁有巨大的市場、優秀的科研能力,但往往難以快速把科研轉化為大規模企業與生產能力。


2. 社會與世代的「降級」

這可能是更深層的問題。

年輕世代可能會問:

「為什麼我們要支付越來越高的社會成本,卻不一定能得到父母那一代所享有的住房、退休、工作穩定與社會流動?」

因此,「努力」其實是一個世代政治問題。


3. 法國政治是否已經失去改革能力?

如果每一次改革都會造成一部分人利益受損,那麼民主政府就容易陷入:

想改革 → 社會反對 → 政府退讓 → 問題繼續累積。

因此 La REF 2026 特別提出:

「Le consensus ou le courage」——共識,還是勇氣?

它直接問:

如果永遠追求共識,是否最後什麼重大事情都無法改變?


4. 主權正在重新定義

今天的主權不只是:

「我們有沒有軍隊?」

而是:

我們能不能自己生產?

能不能掌握能源?

能不能掌握 AI?

能不能保護數據?

能不能維持醫療與食品供應?

能不能融資?

能不能在危機中做出自己的決定?

這也是為什麼「主權」會貫穿工業、AI、能源、國防、醫療與食品等不同領域。


四、為什麼 2026 年的 La REF 特別重要?

因為它不是普通的企業論壇。

它實際上是在 2027 年法國總統大選前,提前提出「法國應該往哪裡走」的問題。

La REF 本身就指出,2026 年的活動是在距離總統與國會選舉不到一年之際舉行。

而 27 日的政治辯論更邀請了來自完全不同政治陣營的人物,包括 Gabriel Attal、Raphaël Glucksmann、Marine Le Pen、Jean-Luc Mélenchon、Édouard Philippe、Bruno Retailleau 和 Marine Tondelier。

這說明 MEDEF 不只是想「對企業界說話」。

它也在:

對下一屆法國政治提出要求。


五、MEDEF 背後真正希望下一屆政府做什麼?

如果把所有論壇議題濃縮,可以看到幾個方向:

① 讓法國重新「生產」

降低工業生產的障礙:

能源+土地+人才+融資+行政效率+規範。

② 提高生產力

利用:

AI+數位化+自動化+創新。

③ 降低行政與法規複雜度

不是完全取消規範,而是:

讓規範與企業規模、風險及實際能力相稱。

④ 重新討論「工作與福利」的關係

也就是:

權利 ↔ 責任 ↔ 工作 ↔ 社會保障。

⑤ 控制公共債務

否則國家未來的投資能力會逐漸被利息與既有支出吃掉。

⑥ 建立真正的法國/歐洲主權

尤其是:

能源、AI、國防、工業、醫療與關鍵供應鏈。


六、我認為最值得注意的矛盾

整個 La REF 2026 最深層的矛盾,其實可以濃縮成一句話:

「法國需要更多的生產、更多的工作、更多的投資與更多的改革,但法國社會是否願意承擔這些改變的成本?」

企業界可能會說:

「沒有改革,就沒有競爭力。」

但社會可能會問:

「誰來承擔改革的代價?」

年輕人可能問:

「我們努力之後,真的能得到更好的未來嗎?」

退休者可能問:

「為什麼我的保障要被削減?」

企業可能問:

「為什麼我們要承擔比其他國家更高的成本?」

政府則面對:

「在公共債務已經很高的情況下,錢從哪裡來?」

所以,「LE COURAGE」其實不是一句漂亮的口號。

它真正代表的是:

法國是否還有能力作出艱難的選擇。

法國要成為一個「保護很多、但越來越難以生產」的國家,還是重新建立「生產、創新、投資與承擔風險」的能力?

這也是我認為 La REF 2026 比單純討論「企業政策」更值得關注的地方:它其實正在提前討論 2027 年法國總統大選最重要的經濟與社會問題之一——下一代法國模式應該是什麼?


 

La France a-t-elle encore le courage de se réformer ?

De La REF 2026 aux grands choix économiques, sociaux et politiques de demain

Étiquettes : La REF 2026 · MEDEF · Économie française · Réindustrialisation · Souveraineté · Compétitivité · Dette publique · Réformes


La REF – La Rencontre des Entrepreneurs de France, organisée par le MEDEF, réunit chaque année dirigeants d’entreprise, responsables politiques, économistes, intellectuels et représentants de la société civile.

Pour son édition 2026, organisée les 26 et 27 août à Roland-Garros, le choix d’un mot comme thème résume à lui seul les interrogations qui traversent aujourd’hui la société française :

« Le courage »

Ce choix n’est pas anodin.

À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, la question posée par La REF dépasse largement le monde de l’entreprise. Elle est au fond la suivante :

La France est-elle encore capable de prendre les décisions difficiles nécessaires pour préserver sa prospérité, sa souveraineté et son modèle social ?

Derrière les débats sur l’industrie, l’intelligence artificielle, l’écologie, le travail ou la dette publique apparaît une même inquiétude : la France veut continuer à protéger son modèle de société, mais dispose-t-elle encore des moyens économiques et politiques de le financer ?


1. Produire pour rester souverain

L’un des thèmes centraux de La REF 2026 pourrait se résumer par une formule volontairement brutale : « Produire ou périr ».

Pendant plusieurs décennies, la France et l’Europe ont progressivement perdu une partie de leurs capacités industrielles. La mondialisation permettait de produire ailleurs à moindre coût, tandis que les économies occidentales se concentraient davantage sur les services, la finance, la recherche et les activités à forte valeur ajoutée.

Mais les crises récentes ont rappelé les risques de cette dépendance.

Pandémie, tensions géopolitiques, guerre en Ukraine, crise énergétique, pénuries de composants et rivalité entre les États-Unis et la Chine ont mis en évidence une réalité simple :

Un pays qui ne produit plus suffisamment dépend des décisions des autres.

La souveraineté concerne désormais bien davantage que la défense militaire. Elle englobe l’énergie, les médicaments, l’alimentation, les composants électroniques, les technologies numériques, l’intelligence artificielle et les chaînes d’approvisionnement.

Cependant, réindustrialiser n’est pas une simple décision politique.

Pour produire en France, il faut :

  • une énergie disponible et compétitive ;
  • du foncier industriel ;
  • des ingénieurs, techniciens et ouvriers qualifiés ;
  • des capitaux ;
  • des infrastructures ;
  • des procédures administratives efficaces ;
  • une fiscalité stable ;
  • et une réglementation compatible avec la vitesse de la concurrence internationale.

La vraie question devient alors :

La France est-elle prête à créer les conditions économiques nécessaires pour redevenir une grande puissance productive ?


2. Le paradoxe français : vouloir tout faire, mais avec quelles ressources ?

C’est probablement le problème central de la France contemporaine.

Le pays souhaite simultanément :

  • maintenir un niveau élevé de protection sociale ;
  • soutenir le pouvoir d’achat ;
  • réindustrialiser ;
  • accélérer la transition écologique ;
  • investir dans l’intelligence artificielle ;
  • renforcer la défense ;
  • financer les services publics ;
  • soutenir l’innovation ;
  • tout en réduisant la dette publique.

Tous ces objectifs sont légitimes.

Mais ils nécessitent tous des ressources financières considérables.

Le problème n’est donc plus simplement de savoir s’il faut dépenser davantage ou réduire les dépenses.

La véritable question est :

Quelles dépenses constituent un investissement pour l’avenir et lesquelles doivent être réformées, réduites ou réorganisées ?

La dette publique devient ainsi la contrainte qui relie tous les autres débats.

Car un État très endetté dispose progressivement de moins de liberté pour répondre aux crises futures.


3. Le véritable défi : choisir entre des objectifs qui entrent parfois en contradiction

La France souhaite être à la fois :

  • plus compétitive ;
  • plus écologique ;
  • plus protectrice ;
  • plus industrielle ;
  • plus innovante ;
  • et plus égalitaire.

Mais ces ambitions peuvent entrer en conflit.

Une usine crée des emplois, mais nécessite du foncier et de l’énergie.

La transition écologique nécessite des investissements massifs, mais peut augmenter les coûts à court terme.

Des normes plus strictes peuvent protéger l’environnement et les citoyens, mais aussi ralentir certains projets ou alourdir les charges administratives.

Produire davantage en France peut renforcer la souveraineté, mais également augmenter les coûts de production et, potentiellement, les prix.

Le véritable enjeu n’est donc plus seulement de fixer de grands objectifs.

Il consiste à répondre à une question beaucoup plus difficile :

Que faut-il privilégier lorsque tous les objectifs ne peuvent pas être maximisés en même temps ?

C’est précisément ici que le mot « courage » prend tout son sens.

Avoir du courage politique, ce n’est pas simplement annoncer de grandes réformes.

C’est accepter de faire des choix et d’assumer que certains de ces choix produiront des gagnants, mais aussi des perdants.


4. L’intelligence artificielle : une nouvelle question de puissance

L’IA occupe également une place centrale dans les débats économiques actuels.

Mais il serait réducteur de la considérer uniquement comme un outil permettant aux entreprises de gagner en productivité.

L’intelligence artificielle est devenue une infrastructure stratégique.

Elle dépend de :

  • la puissance de calcul ;
  • des semi-conducteurs ;
  • des données ;
  • des centres de données ;
  • de l’énergie ;
  • des logiciels et des modèles ;
  • des compétences scientifiques et technologiques.

Dans ce domaine, les États-Unis et la Chine disposent d’avantages considérables.

Pour l’Europe, le risque est de devenir essentiellement utilisatrice des technologies développées ailleurs.

La question n’est donc pas uniquement :

« Comment utiliser l’IA dans les entreprises françaises ? »

Elle est aussi :

L’Europe sera-t-elle capable de développer ses propres capacités technologiques, ses infrastructures et ses champions industriels ?

Pour la France, l’enjeu consiste notamment à transformer son excellence scientifique et son niveau de formation en entreprises capables de grandir et de rivaliser à l’échelle mondiale.


5. Le travail et la nouvelle fracture entre les générations

L’un des débats les plus révélateurs de cette REF 2026 porte sur une question presque philosophique :

« Peut-on encore parler d’effort ? »

Pendant longtemps, l’idée était relativement simple : travailler, faire des études et progresser professionnellement permettaient d’améliorer progressivement sa situation.

Aujourd’hui, ce modèle est davantage remis en question.

Les jeunes générations peuvent avoir le sentiment qu’elles devront :

  • travailler plus longtemps ;
  • financer une population vieillissante ;
  • supporter une pression fiscale et sociale importante ;
  • faire face à des logements plus difficiles d’accès ;
  • s’adapter en permanence aux transformations technologiques.

En échange, elles ne sont pas toujours certaines de bénéficier d’une mobilité sociale équivalente à celle des générations précédentes.

Le problème dépasse donc largement la question du management ou de la qualité de vie au travail.

Il concerne le contrat entre les générations.

La question devient :

Comment demander davantage d’efforts aux jeunes si la société ne leur garantit pas en retour une véritable possibilité de construire leur avenir ?


6. Le modèle social français : jusqu’où peut aller la solidarité ?

La France reste profondément attachée à son modèle de protection sociale.

Santé, retraite, chômage, prestations sociales et services publics constituent une part essentielle de son identité collective.

Mais le vieillissement démographique et l’augmentation des besoins posent une question de soutenabilité.

La vraie interrogation n’est pas :

« Faut-il conserver ou supprimer le modèle social français ? »

Cette opposition serait caricaturale.

La question est plutôt :

Comment préserver la solidarité tout en garantissant son financement à long terme ?

Cela implique de repenser l’équilibre entre :

  • droits et responsabilités ;
  • solidarité et incitation au travail ;
  • protection immédiate et investissement pour l’avenir ;
  • dépenses publiques et efficacité.

Le débat devient alors particulièrement sensible, car toute réforme touche directement à la vie quotidienne des citoyens.


7. La peur du déclassement

Derrière l’ensemble de ces débats apparaît une inquiétude plus profonde : la peur du déclassement.

Un déclassement économique, lorsque la France perd des capacités de production.

Un déclassement technologique, si elle dépend des États-Unis ou de la Chine pour les technologies stratégiques.

Un déclassement social, lorsque les jeunes générations doutent de pouvoir vivre mieux que leurs parents.

Et un déclassement politique, lorsque le pays semble incapable de prendre des décisions de long terme.

Ces inquiétudes expliquent en grande partie le retour du thème de la souveraineté.

Aujourd’hui, être souverain ne signifie plus seulement disposer d’une armée ou contrôler ses frontières.

C’est aussi être capable de :

produire, innover, financer, protéger et décider.


8. Le risque d’immobilisme politique

C’est peut-être ici que La REF 2026 prend une dimension particulièrement politique.

La France connaît depuis plusieurs années une difficulté croissante à mener des réformes importantes.

Toute réforme produit presque inévitablement des mécontents.

Réduire certaines dépenses inquiète les bénéficiaires.

Modifier les retraites provoque des mobilisations.

Simplifier certaines réglementations peut susciter la crainte d’un recul des protections.

Augmenter les impôts pénalise le pouvoir d’achat ou l’investissement.

Le système politique est donc confronté à un dilemme :

Faut-il rechercher le consensus à tout prix, au risque de ne jamais transformer suffisamment le pays ? Ou faut-il parfois prendre des décisions impopulaires ?

C’est probablement le véritable sens politique du thème « Le courage ».


9. La REF 2026 : une préparation au débat de 2027

À moins d’un an de l’élection présidentielle, La REF 2026 ne constitue donc pas seulement un rendez-vous économique.

Elle devient également une plateforme de réflexion et d’influence sur les choix qui attendent la prochaine majorité politique.

Le monde entrepreneurial souhaite notamment remettre au centre du débat :

  • la compétitivité ;
  • la réindustrialisation ;
  • la simplification administrative ;
  • l’énergie ;
  • l’investissement ;
  • l’innovation ;
  • l’intelligence artificielle ;
  • le travail ;
  • la maîtrise de la dette ;
  • et la souveraineté économique.

Mais un problème fondamental demeure.

Les entreprises demandent davantage de compétitivité et moins de contraintes.

Les citoyens demandent davantage de protection et de pouvoir d’achat.

Les jeunes demandent davantage de perspectives.

L’État doit financer l’ensemble dans un contexte de dette élevée.

La question centrale devient alors :

Qui doit faire les efforts, qui doit payer et qui bénéficiera des résultats ?


Conclusion : le courage de choisir

Finalement, le thème de La REF 2026 pourrait être résumé par une équation.

Pour rester souveraine, la France doit :

produire davantage → investir davantage → innover davantage.

Mais pour investir, elle doit disposer :

d’entreprises compétitives + de compétences + de finances publiques soutenables.

Dans le même temps, elle doit financer :

la transition écologique + la défense + la protection sociale + les infrastructures + les nouvelles technologies.

Il devient donc impossible d’éviter indéfiniment les arbitrages.

C’est pourquoi le mot « courage » est particulièrement révélateur.

La véritable question n’est peut-être pas de savoir si la France connaît ses problèmes.

Elle les connaît largement.

La question est plutôt :

La France est-elle encore capable de choisir ses priorités, d’accepter les efforts nécessaires et de répartir équitablement le coût des transformations à venir ?

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, c’est sans doute l’une des questions économiques, sociales et politiques les plus importantes auxquelles le pays devra répondre.

 

 

La REF 2026:8月26日首日討論所帶出的新訊息

前面的分析主要是從 La REF 2026 的議程與法國目前面臨的經濟、社會與政治問題出發。8 月 26 日第一天的實際討論,則讓這些問題變得更加具體,也使今年「LE COURAGE(勇氣)」這個主題的真正含義逐漸清楚。

法國 MEDEF 不僅將整個 La REF 2026 的討論公開直播,也在第一天直接把企業界最關心的問題帶入即將到來的 2027 年總統大選辯論。

一、「勇氣」不再只是一個口號

MEDEF 主席 Patrick Martin 在開幕演說中,將「勇氣」與即將到來的政治選擇直接聯繫起來。

對 MEDEF 而言,問題不是法國不知道自己有哪些問題,而是:

法國是否還有政治勇氣作出真正的選擇?

這也是第一天「Le consensus ou le courage」(共識,還是勇氣?)這場討論的核心。

在一個意見高度分裂的社會裡,如果政府永遠試圖避免衝突、滿足所有利益團體,就可能最後什麼重大改革都無法完成。

因此,今年的「勇氣」其實包含了一層非常明確的政治含義:

真正的改革不可能讓所有人同時滿意。

問題在於,政治人物是否願意說明哪些改革是必要的、為什麼必要,以及誰必須承擔改革的成本。

La REF 2026 因此已經不只是企業論壇,而逐漸成為 2027 年總統大選經濟政策辯論的前奏。


二、「Produire ou périr」:重新生產已經成為主權問題

第一天最重要的經濟議題之一,是:

「Produire ou périr」——生產,否則衰亡。

這與前文所分析的「重新工業化」完全吻合,但今天的討論讓問題更加具體。

法國是否還能夠在本土生產,已經不只是「工廠能不能創造就業」的問題。

它關係到:

能源、土地、人才、融資、行政程序、法規與生產成本。

也就是說:

如果法國沒有足夠的生產能力,就很難真正談論經濟主權。

La REF 將這個問題表達得非常直接:法國希望恢復工業,但是否願意接受工業真正回歸所需要的條件?

這也是一個非常重要的轉變。

過去談「réindustrialisation」時,重點往往是:

創造工作、振興地方經濟。

現在則增加了一個更深層的概念:

工業能力本身就是國家主權的一部分。


三、從工業主權進一步走向國防主權

第一天另一個非常重要的討論是:

「Sommes-nous prêts à affronter la guerre ?」

「我們真的準備好面對戰爭了嗎?」

這使得「主權」的概念進一步擴大。

一個國家是否有能力面對戰爭,不只是軍隊有多少人、多少武器。

它還必須具備:

  • 生產武器與彈藥的能力;
  • 維修與補充的能力;
  • 能源供應;
  • 工業能力;
  • 科技與數據;
  • 網路安全;
  • 物流;
  • 人才與訓練;
  • 以及在危機中迅速作出決定的政治能力。

因此,第一天的討論實際上把幾個原本看似不同的問題連在一起:

工業 → 能源 → 科技 → 國防 → 主權。

La REF 官方議程也明確提出,法國與歐洲是否真正理解戰爭回歸,以及是否在軍事、工業、心理與政治層面準備好面對長期對抗。

這使得「重新工業化」不再只是經濟政策。

它同時成為一項國家安全政策。


四、企業真正焦慮的是什麼?

第一天的討論還讓一個問題更加清楚:

法國企業界的焦慮,不只是「法國經濟不好」。

更具體地說,是:

企業能不能在法國繼續投資、招聘與生產?

因此,MEDEF 所關注的問題集中在幾個非常實際的障礙:

稅負、社會成本、法規、行政程序、能源價格、人才與投資條件。

這一點非常重要,因為它讓「競爭力」不再是一個抽象的宏觀經濟詞彙。

對企業而言,競爭力最終會落在一個非常簡單的問題:

「在法國投資,是否仍然值得?」

如果一家企業認為在另一個國家可以用更低的成本、更快的行政程序和更穩定的規則完成同一項投資,那麼即使法國擁有優秀的工程師、研究人員與基礎設施,投資仍然可能流向其他地方。


五、因此,「規範」問題比原來想像的更加重要

第一天的討論也強化了一個前文已經提出的問題:

法國是否被自己的複雜性拖慢?

問題並不只是「法規太多」。

真正的問題是:

規則 + 程序 + 審批 + 不同行政機關 + 不確定性

累積起來之後,可能使企業無法迅速作出投資決定。

因此,企業界要求的並不一定是「完全取消規範」。

更準確地說,是希望:

規範與企業的規模、風險及實際能力相稱,同時讓投資與生產能夠在合理的時間內完成。

這也是為什麼「simplification」在 La REF 的討論中具有如此重要的位置。


六、這也解釋了為什麼 2027 年如此重要

如果把第一天的討論放在一起,可以看到一條非常清楚的邏輯:

法國要重新工業化

需要企業投資

企業需要更好的競爭條件

需要能源、人才、融資與穩定的規則

需要降低部分行政與稅務障礙

需要政治人物作出選擇

因此:

2027 年的總統大選,將不只是政治人物之間的競爭,也可能成為不同「法國經濟模式」之間的選擇。

這正是 La REF 2026 為什麼如此重視 2027 年。

MEDEF 在 26 日的活動中已經開始把企業界的期待帶入這場政治辯論。相關報導指出,MEDEF 希望在 2027 年選舉前,把「生產、投資、工作、培訓與改革」放到經濟政策的核心位置。


七、但第一天還沒有回答一個更困難的問題

到 8 月 26 日為止,La REF 已經比較清楚地回答了:

「法國為什麼需要重新生產、投資與改革?」

但是還沒有完整回答另一個問題:

「誰應該承擔這些改革的代價?」

這個問題尤其重要。

如果要求:

  • 企業投資更多;
  • 工人工作更多;
  • 年輕人承擔更多;
  • 政府削減某些支出;
  • 公共財政更加嚴格;
  • 社會福利制度重新調整;

那麼下一個問題自然就是:

這些「努力」應該如何在不同世代、企業、勞工與退休人口之間分配?

這正好是 8 月 27 日第二天即將討論的核心。


八、因此,第二天可能真正補上 La REF 2026 缺少的另一半

第一天主要回答:

「法國要恢復力量,需要什麼?」

——生產、投資、工業、能源、科技、國防與改革。

而第二天將更直接回答:

「誰來承擔這些努力?」

尤其是:

「Peut-on encore parler d’effort ?」——我們還能談「努力」嗎?

這場討論直接涉及:

  • 年輕世代;
  • 工作;
  • 社會流動;
  • 世代之間的公平;
  • 誰在付出;
  • 誰得到保障。

之後還有:

競爭力 × 就業 × 地方凝聚 × 生態

以及:

「La solidarité inconditionnelle, jusqu’à quand ?」——無條件的社會團結可以維持到什麼程度?

這些議題將使今天的「生產與主權」問題,進一步轉化成:

「法國社會願意為了重新獲得競爭力與主權,付出多少代價?」

這可能才是 La REF 2026 最具政治性的問題。


小結:8 月 26 日之後,我們可以看到一個更清楚的框架

第一天的訊息可以濃縮成:

沒有生產,就沒有主權。

沒有投資,就沒有生產。

沒有競爭力,就很難投資。

沒有政治勇氣,就很難進行改革。

但明天還需要回答:

誰來付出這些改革的成本?

因此,目前不宜急著寫死文章的最後結論。

8 月 26 日的影片與討論可以作為文章的「第一階段實證」;8 月 27 日的影片則可以成為第三部分,檢驗「努力、福利、青年、競爭力、生態與 2027 政治選擇」這些問題。

這樣整篇文章就不只是對 La REF 2026 的摘要,而會變成一個逐步展開的觀察:

第一天:法國為什麼必須改變?

第二天:法國社會誰願意、也誰應該承擔改變的代價?

最後:2027 年,法國將選擇什麼樣的經濟與社會模式?

Ce que les premières interventions de La REF 2026 confirment

Les premières interventions du 26 août donnent déjà une dimension très concrète aux inquiétudes évoquées plus haut. Le MEDEF diffuse d’ailleurs l’intégralité des débats en direct depuis Roland-Garros. Suivre La REF 2026 en direct – MEDEF

Télécharger le discours d’ouverture de Patrick Martin au format PDF

Le discours de Patrick Martin et les premiers débats montrent que le mot « courage » ne relève pas seulement d’une formule générale. Il renvoie directement aux choix économiques que le MEDEF souhaite voir débattus avant 2027 : produire davantage, investir, réduire les obstacles à l’activité et assumer des décisions qui peuvent être politiquement difficiles.

Le débat « Produire ou périr » confirme notamment que la réindustrialisation est désormais présentée comme une question de souveraineté et de puissance, et pas seulement comme une politique de création d’emplois. Les conditions du retour de l’industrie — énergie, foncier, compétences, financement, délais et normes — sont placées au centre du débat.

La séquence « Sommes-nous prêts à affronter la guerre ? » élargit encore cette notion de souveraineté : elle met directement en relation la capacité militaire et la capacité industrielle à produire, innover et soutenir l’effort de défense dans la durée.

Enfin, le débat « Le consensus ou le courage » donne une dimension clairement politique au thème de cette édition : le problème n’est plus seulement de savoir quelles réformes seraient souhaitables, mais si la France est encore capable de prendre des décisions lorsque celles-ci entraînent nécessairement des résistances et des perdants.

Demain, 27 août, plusieurs débats vont directement compléter cette analyse actuelle :

1. « Peut-on encore parler d’effort ? »

9h30–10h20

C’est exactement la partie que nous avons identifiée sur le travail, la jeunesse et le contrat entre générations. Le texte officiel pose explicitement la question de savoir à qui l’on demande encore l’effort et évoque le sentiment d’une jeunesse qui doit financer, patienter et s’adapter sans toujours trouver suffisamment de perspectives.

2. « La quadrature du cercle : compétitivité, emploi, cohésion territoriale, écologie ? »

10h20–11h10

Cela permettra de vérifier votre analyse sur le conflit entre :

compétitivité ↔ emploi ↔ écologie ↔ cohésion sociale et territoriale.

3. « La solidarité inconditionnelle, jusqu’à quand ? »

11h40–12h30

C’est probablement la vidéo la plus importante pour votre analyse du modèle social français. Elle permettra de confronter votre interprétation de la solidarité, des droits, des devoirs, de l’incitation au travail et de la soutenabilité financière avec ce que les intervenants diront réellement.

4. « Libérer pour innover ? »

12h30–13h00

Cette séquence permettra également de vérifier votre partie sur l’IA, l’innovation, les normes et la capacité française à transformer la recherche en entreprises et en puissance économique.

5. Et surtout : la séquence politique finale

Le programme prévoit ensuite :

« Présidentielle 2027 – Ce que disent les chefs d’entreprise »

avec la restitution de la grande consultation des chefs d’entreprise.

La REF 2026 第二天:法國真正需要承擔的是什麼樣的「勇氣」?

8 月 26 日的第一天,La REF 2026 主要把焦點放在生產、重新工業化、能源、國防、科技與國家主權

到了 8 月 27 日第二天,問題開始轉向另一個更加困難的層面:

如果法國真的要改變,那麼誰應該承擔改革所需要的努力?這些成本又應該如何在社會不同群體與世代之間分配?

因此,第二天的討論正好補上了第一天尚未回答的另一半。


一、從「生產的勇氣」走向「工作的勇氣」

第一天問的是:

法國如何重新生產?

第二天一開始問的則是:

「Peut-on encore parler d’effort ?」——我們還能談「努力」嗎?

這個問題已經不只是企業競爭力問題。

它涉及法國人對:

  • 工作;
  • 努力;
  • 成功;
  • 責任;
  • 社會流動;
  • 世代傳承

的看法。

MEDEF 自己對「勇氣」的定義之一,就是所謂的 « courage du travail »

重新平衡「努力、保障與貢獻」之間的關係。

也就是說,問題不只是要求人們「工作更多」。

而是:

一個社會是否還能讓人相信:付出、工作與承擔責任,最終會得到相應的保障與社會流動?

這其實已經是法國的世代契約問題。


二、社會問題與經濟問題其實是同一個問題的兩面

第二天的討論讓一件事情變得非常清楚。

一方面:

企業要求競爭力、穩定的規則與更大的行動空間。

另一方面:

社會要求保障、安全與公平。

真正困難的是:

如何重新找到兩者之間的平衡?

因此,「La solidarité inconditionnelle, jusqu’à quand ?

——「無條件的社會團結可以維持到什麼程度?」

成為非常重要的一場討論。

這個問題涉及醫療、退休、社會福利、失業、工作誘因,以及整個法國社會福利模式的長期財務能力。

問題並不是簡單地問:

「法國還要不要社會福利?」

而是:

「在一個人口老化、公共債務高企的國家裡,社會團結如何才能長期維持?」


三、今天最重要的新訊息:企業要的其實是「可預測性」

第二天 MEDEF 公布的一項調查結果非常值得放進文章。

接近四分之三的企業領導人要求更加穩定、可預測的稅務與社會制度。

因為企業要:

投資、招聘、擴張。

而這些決定通常需要幾年甚至十幾年的時間。

如果今天制定一套制度,明年又改變,企業就很難作出長期投資決定。

因此問題不只是:

「法國稅太高嗎?」

而是:

「法國的規則是否足夠穩定,讓企業敢於作長期決策?」

MEDEF 今天明確把「穩定性與可預測性」放到了 2027 年企業政策的核心要求之一。


四、行政簡化:企業真正抱怨的不是只有「規則太多」

另一個非常重要的訊息是:

四分之三的企業領導人把行政簡化列為 2027 年的優先事項。

MEDEF 的表述非常直接:

少一點規範、少一點程序,讓企業有更多時間真正經營企業。

因此,前文所說的「過度規範」可以再精確一點。

問題不只是:

法國有很多法律。

而是:

法律+程序+審批+不同行政單位+不確定性

累積起來之後,會降低企業投資與行動的速度。

所以真正的改革不是「取消所有規則」。

而是:

讓規則更簡單、更穩定、更符合企業規模與實際風險。


五、公共債務今天從「經濟問題」正式變成「政治問題」

我們昨天的分析已經提到公共債務。

但是今天 MEDEF 公布的訊息讓這個問題更加清楚:

四分之三的企業領導人認為降低公共債務與公共支出應該是 2027 年的優先事項。

這個訊息很重要。

因為公共債務不只是財政部門的數字。

它其實關係到法國未來還剩下多少「選擇的自由」。

如果國家必須把越來越多的財政資源用於償還債務與支付利息,那麼未來遇到:

  • 戰爭;
  • 能源危機;
  • 經濟危機;
  • 醫療危機;
  • 氣候災害;
  • 科技競爭

時,政府就會有更少的能力進行投資與應對。

因此:

公共財政的健康,本身就是國家主權的一部分。


六、「Le courage de produire」:重新工業化不能只有工廠

第二天重新討論:

「Le courage de produire」——生產的勇氣。

這使得昨天的「Produire ou périr」得到進一步發展。

真正的工業競爭力不是只要把一家工廠蓋回法國。

它需要整個生態系:

能源

人才

資本

供應商

研究

基礎設施

行政效率

市場

才能形成完整的產業鏈。

因此:

重新工業化不是「把工廠搬回來」這麼簡單,而是重新建立完整的生產能力。

這也是為什麼能源成本、企業資本、投資能力與行政效率在今天的討論中再次出現。


七、AI 與歐洲:法國不能只問「我們怎麼使用 AI」

下午的討論:

「L’Europe n’a pas dit son dernier prompt」

把問題提升到歐洲層次。

真正的問題已經不是:

「法國企業要不要使用 AI?」

而是:

「歐洲是否希望自己成為 AI 的使用者,還是也要成為 AI 的生產者?」

目前美國與中國在 AI 平台、數據、Cloud、計算能力、資本與科技企業方面具有巨大優勢。

如果歐洲只負責:

制定規範 → 使用別人開發的 AI

那麼歐洲可能會在下一輪科技革命中再次成為消費市場,而不是生產中心。

因此:

AI 已經成為歐洲主權問題的一部分。

La REF 第二天把 AI、歐洲競爭力與企業創新放在一起討論,正好延續第一天的「主權」主題。


八、真正的高潮:2027 年總統大選正式進入 La REF

第二天最後的政治辯論,是整個 La REF 2026 最具政治意義的部分之一。

MEDEF 邀請了七位具有總統大選代表性的政治人物:

  • Gabriel Attal
  • Raphaël Glucksmann
  • Marine Le Pen
  • Jean-Luc Mélenchon
  • Édouard Philippe
  • Bruno Retailleau
  • Marine Tondelier

讓他們直接面對企業界提出的問題。

這意味著:

La REF 2026 已經不只是企業論壇,而是正式進入 2027 年總統大選的經濟政策辯論。

更重要的是,七位政治人物對:

  • 國家的角色;
  • 企業;
  • 稅收;
  • 社會福利;
  • 工作;
  • 公共支出;
  • 經濟自由;
  • 主權

有非常不同的理解。

因此,真正的問題已經不只是:

「法國要改革什麼?」

而是:

「法國未來十年到底要選擇什麼樣的經濟與社會模式?」


九、兩天的 La REF 其實形成了一條非常清楚的邏輯

把兩天所有討論放在一起,可以看到:

第一步:生產

第二步:投資

第三步:創新

第四步:工作與培訓

第五步:維持社會團結

但是所有這些都需要:

競爭力+健康的公共財政

最後全部指向:

主權(Souveraineté)

沒有生產能力,就沒有真正的經濟主權。

沒有科技能力,就會依賴其他國家。

沒有健康的公共財政,就沒有危機時的行動自由。

沒有完整的歐洲科技與工業能力,歐洲就可能繼續依賴美國與中國。

因此:

「主權」其實是 La REF 2026 所有議題最後交會的地方。


十、但「勇氣」最後還有一個最難回答的問題

經過兩天的討論,我認為這是整個 La REF 2026 最值得留下來的問題。

MEDEF 要求:

生產的勇氣;

投資的勇氣;

工作的勇氣;

簡化的勇氣;

改革的勇氣;

降低債務的勇氣;

面對全球競爭的勇氣。

但是民主社會還必須回答:

「誰來承擔這些努力的成本?」

是:

  • 企業?
  • 工作人口?
  • 退休人口?
  • 納稅人?
  • 年輕世代?
  • 還是整個社會共同承擔,但用不同方式分配?

這就是為什麼「LE COURAGE」最後已經不只是企業界的經濟口號。

它其實是一個:

政治問題+社會問題+世代問題。


結論:La REF 2026 真正留下的問題

La REF 2026 並沒有給法國一個單一答案。

它反而把法國無法再無限期拖延的幾個選擇放到了桌面上:

生產,還是繼續依賴?

投資,還是繼續落後?

改革,還是讓失衡繼續累積?

簡化,還是接受行政複雜性?

工作與貢獻,還是繼續擴大轉移?

自己發展 AI,還是成為其他國家科技的使用者?

降低公共債務,還是逐漸失去財政行動空間?

所以,真正的「勇氣」並不只是要求法國人:

「請大家再努力一點。」

真正的勇氣應該是:

清楚告訴人民:我們為什麼必須努力、需要做什麼、誰應該承擔多少成本,以及改革之後,每一代人可以得到什麼。

因此,La REF 2026 最後留下的問題也許不是:

「法國知道不知道自己需要改革?」

而是:

「法國是否已經知道自己需要怎樣的改革,卻仍然缺少真正實施這些改革的政治勇氣?」

La REF 2026 : ce que la deuxième journée révèle des choix français

Après une première journée consacrée principalement à la production, à la souveraineté, à l’industrie, à la défense et à la nécessité de « retrouver le courage », la deuxième journée de La REF 2026 a déplacé le débat vers une question beaucoup plus délicate :

Qui doit faire les efforts nécessaires pour transformer la France, et comment ces efforts doivent-ils être répartis ?

Les débats du 27 août permettent ainsi de compléter le diagnostic présenté précédemment.

1. Du « courage de produire » au « courage de travailler »

La première journée avait surtout posé la question : comment permettre à la France de produire davantage ?

La deuxième commence par une question plus sociale :

« Peut-on encore parler d’effort ? »

Le débat avec notamment Hubert de Boisredon, Julia de Funès, Serge Papin et Jérôme Fourquet montre que la question du travail ne peut plus être réduite à celle du coût du travail ou de la compétitivité.

Elle touche désormais au rapport que les Français entretiennent avec :

  • le travail ;
  • la réussite ;
  • l’effort ;
  • la responsabilité ;
  • la mobilité sociale ;
  • et la transmission entre générations.

Le problème est donc plus profond que la simple réforme du marché du travail.

Il s’agit de savoir si la société française peut encore construire un contrat social fondé sur une relation compréhensible entre effort, contribution et protection. Le choix du MEDEF est d’ailleurs explicite : le « courage du travail » signifie rééquilibrer durablement effort, protection et contribution.


2. La question sociale rejoint directement la question économique

La deuxième journée montre ainsi que les deux parties de notre analyse sont indissociables.

D’un côté :

les entreprises demandent davantage de compétitivité, de stabilité et de liberté d’action.

De l’autre :

la société demande davantage de protection, de sécurité et de justice sociale.

Le véritable défi consiste à trouver un nouvel équilibre entre les deux.

C’est ce qui explique la place donnée au débat :

« La solidarité inconditionnelle, jusqu’à quand ? »

La discussion avec Xavier Bertrand, Sophie Boissard, Thomas Buberl, Gilbert Cette, Jean-Pierre Farandou et Christelle Thieffinne a replacé la protection sociale au cœur de la question économique.

La question n’est pas nécessairement de supprimer la solidarité, mais de déterminer comment la rendre soutenable dans une société vieillissante, avec une dette publique élevée et un rapport entre actifs et retraités qui évolue.

Cela renvoie directement à notre analyse précédente :

Le problème français n’est pas seulement le niveau des dépenses publiques ; c’est la difficulté à choisir collectivement quelles dépenses doivent être protégées, lesquelles doivent être réformées et lesquelles doivent être considérées comme des investissements.


3. La grande convergence des dirigeants : stabilité, simplification et dette

C’est probablement l’un des éléments les plus importants apportés aujourd’hui par le MEDEF.

Trois dirigeants sur quatre demandent désormais un cadre fiscal et social plus stable et plus prévisible.

Le message est clair : une entreprise peut accepter un niveau d’impôt ou de réglementation élevé si elle dispose de visibilité. Ce qui devient particulièrement pénalisant est l’incertitude permanente sur les règles qui seront applicables demain.

Le MEDEF indique également que trois dirigeants sur quatre font de la simplification administrative une priorité pour 2027.

Cela donne une dimension beaucoup plus concrète à notre analyse de la « surcharge réglementaire ».

Le problème n’est pas simplement :

« Il y a trop de normes. »

Il est plutôt :

« L’entreprise perd du temps, de l’argent et de la capacité d’investissement lorsqu’elle ne sait plus clairement quelle règle appliquer, auprès de quelle administration et dans quel délai. »


4. La dette devient une priorité politique explicite

Notre première analyse insistait déjà sur la dette publique.

Les informations publiées par le MEDEF aujourd’hui renforcent considérablement cette partie.

Trois dirigeants sur quatre considèrent la réduction de la dette et des dépenses publiques comme une priorité pour 2027. Le MEDEF présente cet assainissement comme une manière de redonner à la France des marges de manœuvre pour l’avenir.

Cela change légèrement l’interprétation de la question de la dette.

Elle n’est plus seulement :

un problème comptable du ministère des Finances.

Elle devient :

une condition de la souveraineté économique.

Un État très endetté conserve moins de liberté lorsqu’il doit répondre à une nouvelle crise énergétique, militaire, sanitaire ou économique.

La dette limite donc indirectement la capacité de la France à investir dans :

  • l’industrie ;
  • la défense ;
  • l’IA ;
  • l’énergie ;
  • les infrastructures ;
  • l’éducation.

C’est pourquoi les thèmes de production, souveraineté et dette se rejoignent finalement.


5. « Le courage de produire » : le débat quitte définitivement le terrain idéologique

La deuxième journée a également repris la question industrielle avec :

« Le courage de produire »

Le message devient particulièrement concret : la France doit être capable de produire, mais aussi de financer cette production.

La compétitivité dépend notamment :

du coût de l’énergie + du coût du travail + des fonds propres + de la fiscalité + des normes + de la rapidité administrative.

L’énergie apparaît comme un déterminant essentiel de la compétitivité industrielle, tandis que la question des fonds propres et du financement des entreprises revient également dans les débats.

Cela permet de corriger une idée trop simple :

Réindustrialiser ne signifie pas seulement faire revenir des usines.

Il faut reconstruire toute une chaîne de valeur : financement, fournisseurs, compétences, énergie, infrastructures, recherche, production et débouchés commerciaux.


6. L’Europe et l’IA : la France ne peut plus raisonner seule

L’après-midi a déplacé le débat vers l’Europe, avec notamment la séquence :

« L’Europe n’a pas dit son dernier prompt »

La question de l’intelligence artificielle rejoint ici directement celle de la souveraineté.

L’Europe doit faire face à des acteurs technologiques américains et chinois qui disposent d’une avance considérable en matière de plateformes, de données, de puissance informatique et de capitaux.

Mais l’Europe dispose également d’atouts importants : son marché, ses entreprises, ses chercheurs et ses infrastructures.

Le véritable enjeu devient donc :

L’Europe veut-elle seulement réglementer les technologies développées ailleurs, ou veut-elle également devenir une puissance capable de les développer et de les industrialiser ?

C’est une question particulièrement importante pour la France, qui dispose d’un potentiel scientifique et d’ingénierie élevé mais doit encore améliorer sa capacité à transformer ce potentiel en entreprises de dimension mondiale. Le programme de La REF a placé cette question au centre de la deuxième journée.


7. Le moment le plus politique : la présidentielle de 2027

La deuxième journée s’est terminée par une séquence exceptionnelle réunissant sept personnalités appelées à jouer un rôle dans la présidentielle de 2027 :

  • Gabriel Attal ;
  • Raphaël Glucksmann ;
  • Marine Le Pen ;
  • Jean-Luc Mélenchon ;
  • Édouard Philippe ;
  • Bruno Retailleau ;
  • Marine Tondelier.

Le MEDEF avait organisé cette séquence autour des attentes exprimées par les chefs d’entreprise.

C’est ici que notre analyse prend toute sa dimension politique.

Le MEDEF ne présente pas simplement une liste de revendications économiques.

Il demande aux futurs candidats de prendre position sur le modèle économique et social de la France.

Le débat a notamment fait apparaître des visions très différentes du rôle de l’État, de la fiscalité, de la protection sociale, du travail et de la place de l’entreprise. Certains ont défendu une plus grande liberté économique, tandis que d’autres ont insisté sur le rôle de l’État et la protection sociale.

Cette confrontation est particulièrement révélatrice.

Le problème français n’est donc plus seulement : « que faut-il réformer ? »

Il devient :

« Quel modèle de société voulons-nous pour les dix prochaines années ? »


8. Ce que les deux journées de La REF 2026 nous permettent finalement de comprendre

Après les deux journées, les différents thèmes peuvent être réunis dans une même logique.

Première étape :

Produire

Deuxième étape :

Investir

Troisième étape :

Innover

Quatrième étape :

Travailler et former

Cinquième étape :

Financer la solidarité

Mais tout cela nécessite :

des finances publiques soutenables et une économie compétitive.

Et derrière l’ensemble apparaît la question de la :

Souveraineté

Une France qui ne produit plus suffisamment dépend des autres.

Une France qui ne maîtrise pas ses technologies dépend des autres.

Une France qui ne peut plus financer ses choix dépend davantage des marchés financiers.

Une Europe qui ne maîtrise pas ses infrastructures numériques dépend des États-Unis et de la Chine.

La souveraineté devient donc la synthèse de tous les débats de La REF 2026.


9. Mais une question reste ouverte : le « courage » pour qui ?

C’est probablement la question la plus importante à retenir après ces deux journées.

Le MEDEF demande du courage pour :

  • produire ;
  • investir ;
  • travailler ;
  • simplifier ;
  • réformer ;
  • réduire la dette ;
  • renforcer la compétitivité.

Mais une société démocratique doit également répondre à une autre question :

Qui doit supporter le coût de ces efforts ?

Les entreprises ?

Les salariés ?

Les retraités ?

Les contribuables ?

Les jeunes générations ?

Ou l’ensemble de la société, mais selon des modalités différentes ?

C’est ici que le mot « courage » cesse d’être uniquement un mot économique.

Il devient un mot politique et social.


Conclusion

La REF 2026 ne donne pas une réponse unique à la crise française.

Elle met plutôt en évidence une série de choix qui deviennent difficiles à repousser :

produire ou dépendre ;

investir ou décrocher ;

réformer ou accumuler les déséquilibres ;

simplifier ou accepter la complexité ;

travailler et contribuer ou accroître encore les transferts ;

innover ou devenir utilisateur des technologies des autres ;

réduire la dette ou perdre progressivement des marges de manœuvre.

Le véritable « courage » ne consiste donc pas simplement à demander aux Français de faire des efforts.

Il consiste à dire clairement quels efforts sont nécessaires, pourquoi ils le sont, qui doit les supporter et ce que chacun peut espérer en retour.

C’est probablement la question qui restera après les deux journées de La REF 2026 :

La France connaît-elle déjà les réformes dont elle a besoin, mais manque-t-elle encore du courage politique pour les mettre en œuvre ?